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Discussion : La recherche de l'extrême - 11 octobre 2012

Discussion

Dans un nombre croissant d’activités, les gens sont à la recherche de sensations fortes, sortent de leur habituelle zone de confort. Qu’est-ce qui pousse « l’homme ordinaire » à rechercher l’extrême ? Les réponses de Nicolas Mavrikakis et de Jean-Jacques Pelletier.

Notre époque est au dépassement de soi. En sports, ceux qui se mettent au jogging visent le marathon (voire l’Iron Man !) et gravir le Kilimandjaro est devenu une mode.

Les jeunes aussi ont soif de risque : faire de la vitesse ne leur suffit plus ; le surf de voiture – sur le capot, la toiture, ou sur un divan tiré par ladite voiture - leur garantira de devenir célèbres sur YouTube ! (Ou tristement célèbres à la une du journal du lundi...)

Dans l’art, les thèmes trash sont récurrents : drogue, prostitution, violence, inceste. Le sang et les cendres humaines sont des pigments en vogue chez les peintres.

Bref, dans plusieurs sphères d’activité, on cherche les sensations fortes ou alors on les vit par procuration en suivant les péripéties des autres.

Pourquoi sommes-nous à la recherche de l’extrême ?

Marie-France discute avec Nicolas Mavrikakis, critique d’art, commissaire d’expositions et professeur d’histoire de l’art, et Jean-Jacques Pelletier, philosophe et écrivain, qui vient de faire paraître une réflexion en deux tomes (voir ci-après) sur la montée aux extrêmes et les pratique de l’excès.

Réagissez à la discussion dans notre FORUM.

Les livres de Jean-Jacques Pelletier

Les Taupes frénétiques
Jean-Jacques Pelletier, avec la collaboration de Victor Prose.
Éditions Hurtubise, 2012, 456 pages. 27,95 $

Quatrième de couverture :

Autrefois la marque du terrorisme et des mouvements politiques radicaux, l’extrême devient la nouvelle normalité, tant pour les individus que pour les groupes.

N’est digne d’intérêt que ce qui est extrême. N’est désirable que ce qui est extrême. Partout le message est le même : dans les médias, sur les écrans et sur les scènes, au musée et dans les stades, dans les cours d’école et les cliniques d’entretien en tout genre... N’existe que ce qui est extrême.

À partir de ce panorama de la montée aux extrêmes, l’auteur tente de repérer des cohérences, d’identifier des logiques et de dégager des tendances ou des évolutions.

Une hypothèse sert de guide à cette lecture : celle que la vie occidentale, autant dans sa réalité quotidienne que dans l’image qu’en propose l’univers du spectacle, est structurée par quatre logiques : celles de la drogue, du cancer, de la délinquance et de la pornographie.

Ainsi s’expliquerait la quête de l’intensité qui semble être, pour de plus en plus d’Occidentaux, le cœur de la recherche du bonheur : une fébrilité permanente, dans tous les aspects de la vie, qui permettrait d’oublier la perte de sens.

Frénésie myope et agitation à courte vue... Serions-nous en voie de devenir des taupes frénétiques ?

La Fabrique de l’extrême
Jean-Jacques Pelletier, avec la collaboration de Victor Prose.
Éditions Hurtubise, 2012, 320 pages. 27,95 $

Les Taupes frénétiques posaient le constat de la multiplication des phénomènes de montée aux extrêmes, tant dans le domaine du spectacle que de la vie quotidienne.

Partout il faut capter l’attention, éclipser la concurrence.Il faut se démarquer. L’existence est à ce prix. Il faut se faire remarquer. Parmi des millions d’autres qui veulent se faire remarquer.

Le simple fait d’exister, de se produire comme individu, devient un exercice de plus en plus extrême, dans un milieu qui lui-même l’est de plus en plus, marqué par le foisonnement des processus d’escalade, des dispositifs de prolifération et des pratiques de transgression.

L’omniprésence de l’extrême, qui apparaît partout comme normale, ce livre en poursuit la mise au jour dans les processus, les structures et les modes d’organisation de la société.

Par leur effet structurant, ces activités, qui sont marquées au coin de ce qu’on pourrait appeler l’extrême ordinaire, constituent en quelque sorte la Fabrique de l’extrême.

Plus particulièrement, cet ouvrage s’intéresse à :
la production économique, la finance et la criminalité, qui constituent les principales formes sous lesquelles l’humanité produit des biens et organise leur distribution ;
la technologie, les processus de gestion et la ritualisation des comportements, qui modulent l’organisation de la société ;
la religion, la politique et la guerre, qui sont les principaux modes de l’exercice du pouvoir ainsi que du contrôle des individus et des groupes à l’intérieur de la société.

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