Le Projet de loi 56 oblige toutes les écoles à développer et appliquer un plan de lutte contre l’intimidation et prévoit des sanctions pour les commissions scolaires qui ne s’y conformeraient pas. Mais, si ferme qu’il soit dans ses intentions, le projet ne dispose pas d’assez de moyens, explique Camil. Il ne prévoit pas les fonds nécessaires à la formation et à l’accompagnement du personnel scolaire. Chaque école devra élaborer son propre plan, mais sans disposer de budget supplémentaire.
Sans ressources et sans connaissance de ce qui se fait de mieux dans le domaine, on réinventera un bouton qui n’aura peut-être même pas quatre trous.
Cela dit, quelle que soit la qualité du programme que l’on mettra en place, le problème persistera tant que nous demeurons indifférents à la culture de la violence et de l’intimidation à laquelle trop de nos enfants sont exposés.
Tant que nous ne nous indignerons pas devant les comportements ou les jeux vidéo violents, tant que nous encouragerons des émissions de télé où l’intimidation, la malveillance, la trahison, l’humiliation ou l’ostracisme permettent d’éliminer les concurrents et de gagner des prix fabuleux, nous laisserons la voie libre à l’intimidation ou l’encouragerons.