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Discussion sur le deuil de la souveraineté - 5 mars 2009

Discussion

Les tensions sont nombreuses — et depuis longtemps — entre le Québec et le Rest of Canada. Malgré tout, les Québécois ne semblent pas prêts à quitter le giron canadien. Est-il temps de faire le deuil de la souveraineté ? Nous en discutons avec Daniel Jacques, philosophe et essayiste, et Pierre Curzi.

Malheureux en ménage, le Québec menace depuis plus de 30 ans le Canada de divorcer. Le désir de plénitude du peuple Québécois est là pour durer. Il témoigne de l’insatisfaction du Québec au sein du Canada. Mais la majorité des Québécois n’aspirent pas à l’indépendance politique.

Les conséquences de notre incapacité collective à prendre une décision sont nombreuses : sentiment d’impuissance, honte face à l’échec, fatigue généralisée... Si les plus convaincus s’acharnent, les autres se demandent si le rêve n’est pas en train de tourner au cauchemar. Devrait-on, une fois pour toutes, faire le deuil de l’utopie souverainiste et rentrer dans le rang canadien ? Nous posons la question à Daniel Jacques, philosophie et essayiste, auteur de La fatigue politique du Québec français. Pierre Curzi — que le sujet le passionne ! — étant avec nous pour le Club de lecture, nous l’invitons à se joindre à la discussion.

Vous êtes également invités à y participer. Rendez-vous dans la section Blogue pour nous donner votre avis.

À propos de notre invité :

Daniel Jacques est né à Québec en 1958. Il a fait ses études à l'Université de Montréal où il a obtenu un baccalauréat en philosophie, une maîtrise en études médiévales puis un doctorat en philosophie. Professeur au Collège François-Xavier-Garneau de Québec, il est également directeur du département de philosophie de l’établissement depuis 1998.

Auteur de nombreux articles dans les revues et les journaux, il a été membre, de 1993 à 1995 du comité de rédaction de la revue Horizons philosophiques. Depuis 1998, il est membre fondateur et directeur de la revue Argument, et membre du comité éditorial de la revue Politique et sociétés.

Il est également chercheur invité à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, à l'Université Yale et à l'Université de Chicago.

Le livre de Daniel Jacques

La fatigue politique du Québec français
Daniel Jacques. Éditions du Boréal, 2008, 200 pages. 22,95 $

Présentation de l’éditeur :

Qu’est-il advenu des québécois sous l’influence de la passion qu’a suscitée, depuis quatre décennies, le projet de fonder un État souverain sur le territoire du Québec ? Si le projet d’indépendance du Québec fut autrefois élaboré dans une grande liberté d’esprit, il est aujourd’hui sous la surveillance des « fiduciaires » de ce qui n’est plus qu’un simple patrimoine symbolique, c’est-à-dire un amalgame indistinct d’espérances révolues et d’intérêts bien réels. Pour reconquérir une part de cette liberté de pensée perdue, il nous faut franchir les limites du cercle dans lequel s’est enfermé notre imaginaire politique. Les réflexions rassemblées ici s’inscrivent dans un dialogue avec l’œuvre d’Hubert Aquin, celui qui écrivit autrefois, dans La Fatigue culturelle du Canada français, qu’on ne saurait parvenir à penser notre destin véritable sans accepter la dimension proprement dramatique qui lui est inhérente.

Il est nécessaire aujourd’hui de mettre fin à la confusion entourant notre destinée politique, à tout le moins d’amorcer une sortie progressive de l’ambivalence dans laquelle nous nous sommes enfoncés depuis la Révolution tranquille. Il nous faut parvenir à penser autrement les événements qui ont marqué notre histoire, à commencer par le référendum de 1980. C’est donc un retour sur l’histoire qui est proposé ici, plus particulièrement sur le rôle joué par les élites politiques et intellectuelles dans cette affaire. Voilà pourquoi le présent ouvrage prend la forme d’une galerie de portraits, à caractère philosophique, de personnages comme René Lévesque, Fernand Dumont, Paul-Émile Borduas et d’autres. Par l’examen de ces figures éminentes, Daniel D. Jacques a tenté de faire apparaître certains aspects de la méprise qui a conduit à l’avortement du projet d’indépendance de ce pays.

Sur le même sujet

Serions-nous plus libres au lendemain d’un Oui ?
Mario Polèse. Les Éditions Voix parallèles, 2009, 208 pages. 26,95 $

Présentation de l’éditeur :

L’auteur nous transporte dans un Québec souverain au lendemain d’un « Oui » retentissant remporté au référendum. Le Canada accepte le verdict, tout se passe dans l’ordre. Les négociations s’amorcent. Les deux parties souhaitent une union économique avec monnaie commune. Le défi : la mise en place d’un traité pour la régir. Quels compromis seront nécessaires ? Le Québec et les Québécois en sortiront-ils gagnants ou perdants ? Seront-ils vraiment plus libres que maintenant ?

La souveraineté est en effet une idée puissante : la promesse d’un pays à nous, enfin libre de ses choix. Mario Polèse nous ramène d’abord dans les années soixante, dans les tout débuts du mouvement indépendantiste avec lequel il sympathisait alors. Le séparatisme était d’une évidence à l’époque. Il était nécessaire pour sortir les Canadiens-Français de leur condition d’infériorité et assurer la survie du français. Mais voilà, les Québécois n’ont pas attendu la souveraineté pour s’affirmer.

Se doter d’un État souverain, est-ce la seule voie possible pour accéder à la liberté ? Qu’y gagneraient les Québécois ? Qu’y perdraient-ils ? Un Québec indépendant serait-il vraiment plus libre que le Québec d’aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr. Il s’agit là du message central de cet essai.

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