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Entrevue avec Denys Arcand - 31 janvier 2013

Entrevue

On connaît les talents de cinéaste et de scénariste de Denys Arcand, son penchant pour l’histoire. Pour la première fois, il s’aventure du côté de la littérature. Il vient nous présenter Euchariste Moisan, sa relecture de Trente arpents, chef d’œuvre de Ringuet, publié en 1938.

Invité par la Grande Bibliothèque à parler de ses lectures marquantes, Denys Arcand avait notamment choisi de parler de Trente Arpents « parce que c'est celui qu'on ne lit pas dans les classiques québécois. La littérature québécoise est une littérature extrêmement lourde, pleine de tristesse et de désespoir, et ce roman-là est le pire de tous. Absolument terrifiant. » Et pourtant...

Délaissant momentanément le cinéma, Denys Arcand s’est laissé inspirer par ces Trente arpents pour oser une première incursion littéraire. Sous la forme d’un monologue en quatre saisons, il donne une voix à Euchariste Moisan, personnage principal du classique de Ringuet, dans une allégorie sur le sort de la nation canadienne-française en Amérique. Euchariste Moisan connaît un destin tragique. Aliéné par sa religion, il perd tout – sa femme, sa terre, son honneur, le respect de ses enfants – et finit gardien de nuit en Nouvelle-Angleterre, privé de sa langue et de ses repères.

On connaît bien les talents de scénariste et de réalisateur de Denys Arcand. Avec la parution d’Euchariste Moisan, il ajoute le talent d’auteur à son impressionnante feuille de route.

Euchariste Moisan
Denys Arcand. Leméac, 2013, 79 pages. 12,95 $

Quatrième de couverture :

Voici la grandeur et la décadence d’un cultivateur enraciné dans les valeurs traditionnelles du terroir québécois, qui rejoue au pied des Laurentides le drame universel de la cupidité. L’argent, ce sel de la terre, est difficile à gagner, mais si facile à perdre.

Orphelin à cinq ans, adopté par son oncle dont il héritera la ferme, ce progressiste conservateur voit les saisons de sa vie tomber de Charybde en Scylla. Né pour la malchance, il finira ses jours chez l’un de ses fils, en Nouvelle-Angleterre, gardien de nuit dans un garage, après avoir été ruiné et dépossédé, dévoré en quelque sorte par l’Empire américain. Oui, le destin d’Euchariste Moisan est cruel comme la vie.

Avec brio, Denys Arcand a transporté dans la voix d’Euchariste Moisan Trente arpents, le chef-d’œuvre de Ringuet paru en 1938.

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Cinéaste de renommée internationale, Denys Arcand a notamment remporté l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2003 avec Les invasions barbares.

Sur Denys Arcand

Un cynique chez les lyriques
Denys Arcand et le Québec

Carl Bergeron. Éditions du Boréal, 2012, 144 pages. 19,95 $

Quatrième de couverture :

« J'ai lu votre texte. Il m'a beaucoup touché. C'est, de toute ma vie, parmi les plus exacts que j'aie lus sur mon travail. » Tels ont été les premiers mots de Denys Arcand à Carl Bergeron, jeune essayiste de quarante ans son cadet, après qu'il a pris connaissance de Un cynique chez les lyriques. En effet, c'est un portrait sensible du cinéaste que l'auteur ébauche ici à travers une lecture et une interprétation serrées de son travail, des premiers films pour l'ONF jusqu'aux films de consécration. Lettré casanier et ironique, lecteur de Gibbon et de Machiavel, pré-boomer étranger au nationalisme canadien-français comme au lyrisme de la Révolution tranquille, Arcand cultive une sensibilité en porte-à-faux avec les grands mythes collectifs qui ont forgé la société québécoise. Cette sensibilité, d'aucuns l'ont qualifiée avec raison de « cynique », sans avoir toujours conscience de la signification du mot, qu'ils associent à un trait de caractère plus qu'à une intelligence des choses.

Carl Bergeron remonte aux sources intimes du cynisme philosophique d'Arcand et montre au contraire la filiation trouble et émouvante qui n'a cessé d'unir celui-ci à son pays natal, dans une tension permanente entre le sentiment d'appartenance et la nécessité de faire une œuvre.

En complément de lecture, un Denys Arcand attentif lui fait écho par des commentaires mordants et éclairants, tantôt évoquant des anecdotes, tantôt proposant des explications sur son parcours.

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Carl Bergeron est né en 1980. Essayiste, il est diplômé en science politique et en littérature française de l'Université de Montréal. Il est aussi membre du comité de rédaction de la revue Argument.